Aptitude à l’utilisation des dispositifs médicaux
(IEC 62366-1 / MDR)
L’aptitude à l’utilisation des dispositifs médicaux, conformément à l’IEC/EN 62366-1 et au Règlement (UE) 2017/745 (MDR), vise à démontrer que les utilisateurs prévus peuvent utiliser le dispositif de manière sûre et efficace, sans générer de risques d’usage inacceptables. CAP COMPLIANCE vous accompagne dans la structuration, la justification et la défense de dossiers d’aptitude à l’utilisation robustes, audit-ready et cohérents avec l’ensemble de votre documentation réglementaire.
Aptitude à l’utilisation des dispositifs médicaux
IEC/EN 62366-1 & MDR (UE) 2017/745 : maîtriser les risques d’usage et sécuriser votre dossier technique
L’aptitude à l’utilisation d’un dispositif médical (au sens du Règlement (UE) 2017/745 – MDR et de la norme IEC/EN 62366-1) correspond à la capacité du dispositif à être utilisé de manière sûre et efficace par les utilisateurs prévus, dans les conditions d’utilisation prévues, en tenant compte des mésusages raisonnablement prévisibles, et sans générer de risques d’utilisation inacceptables.
Concrètement, on parle d’un processus d’ingénierie des facteurs humains / usability engineering intégré dès la conception : interface (écran, commandes, alarmes, symboles), signalétique, étiquetage, documentation (IFU), formation éventuelle… L’objectif n’est pas l’ergonomie “confort” : l’IEC/EN 62366-1 est centrée sur la sécurité. Les aspects ergonomiques plus larges sont plutôt traités dans l’IEC/EN 62366-2.
En pratique, l’aptitude à l’utilisation est une composante spécifique de la gestion des risques, cohérente avec l’ISO 14971, et elle alimente directement la démonstration du rapport bénéfice/risque, ainsi que les exigences générales de sécurité et de performance (GSPR).


Pourquoi l’aptitude à l’utilisation est devenue un point critique du dossier technique (Organismes Notifiés)
Les Organismes Notifiés considèrent l’aptitude à l’utilisation comme une brique hautement discriminante : ses résultats permettent souvent de conclure à l’absence de risque inacceptable pour plusieurs situations dangereuses identifiées en gestion des risques. Si la démarche usability est fragile, c’est toute la robustesse de l’argumentaire de sécurité qui est remise en question.
Les évaluateurs scrutent notamment :
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la représentativité du dispositif testé (et la justification lorsqu’on veut couvrir une gamme de variantes/configurations) ;
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le caractère exhaustif des profils utilisateurs ;
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la définition des scénarios d’utilisation et la prise en compte de l’environnement réel ;
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la justification de la taille d’échantillon et l’éligibilité des participants (surtout en sommative) ;
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la présence d’une IFU en version contrôlée ;
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l’existence de données brutes, et le lien structuré avec les risques identifiés en ISO 14971.
Place de l’aptitude à l’utilisation dans le dossier technique (Annexes II & III du MDR)
L’aptitude à l’utilisation n’est pas une “section isolée” : c’est une donnée d’entrée et de sortie de la gestion des risques, qui irrigue plusieurs éléments des Annexes II et III (dossier technique et surveillance après commercialisation). Elle contribue directement à démontrer :
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la conformité aux exigences générales de sécurité et de performance (GSPR),
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la réduction des risques liés aux erreurs d’utilisation, y compris les mésusages raisonnablement prévisibles,
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la capacité des utilisateurs à réaliser les tâches critiques nécessaires à l’obtention du bénéfice clinique.
Comment l’aptitude à l’utilisation démontre sécurité et performance
Sécurité : maîtriser les erreurs d’utilisation
La démarche usability identifie les erreurs raisonnablement prévisibles, analyse leurs conséquences, et définit des mesures de maîtrise en priorisant : 1) la conception de l’interface (mesure la plus robuste), 2) puis l’information (IFU, étiquetage, formation) lorsque nécessaire.
Performance : prouver que le bénéfice clinique est atteignable en conditions réelles
Un dispositif peut être performant “sur banc” mais échouer en conditions réelles si l’interface induit des erreurs. L’aptitude à l’utilisation apporte des preuves que les utilisateurs prévus peuvent exécuter correctement les tâches critiques, sans dégrader la performance attendue.
Erreurs et insuffisances fréquentes observées (causes d’objections ON)
Voici les écarts les plus fréquents que nous constatons :
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Dispositif testé non justifié pour représenter une gamme complète (absence de logique “worst case”).
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Profils utilisateurs incomplets (ou trop génériques).
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Scénarios d’usage non reliés aux situations dangereuses (pas de traçabilité risques ↔ tests).
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Environnement de test non représentatif (pire cas non couvert).
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Taille d’échantillon non justifiée, critères d’éligibilité flous, protocole non approuvé avant exécution.
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IFU non versionnée, absence de données brutes, conclusions non vérifiables.

Dans quels cas les clients font appel à CAP COMPLIANCE ?
Nos clients nous sollicitent pour :
01
Élaborer une stratégie d’aptitude à l’utilisation (transition MDR, première mise sur le marché)
02
Rédiger les plans d’évaluations formatives/sommatives
03
Construire et cadrer les essais (protocoles, scénarios, profils, tailles d’échantillon)
04
Rédiger ou consolider les rapports formatifs/sommatives
05
Remédier un dossier après remarques Organisme Notifié ou en cas de modification (change control), y compris logiciel / interface numérique
Méthodologie CAP COMPLIANCE

Définition du périmètre et du contexte d’utilisation : usage prévu, utilisateurs, environnements (et mésusages raisonnablement prévisibles), cohérence avec revendications cliniques et IFU.

Analyse interface + tâches : décomposition des tâches, identification des tâches critiques ; lien explicite avec les situations dangereuses ISO 14971.

Identification et maîtrise des risques d’usage : mesures prioritairement par le design de l’interface, puis par l’information (IFU/étiquetage/formation) si nécessaire ; évaluation des risques résiduels.

Évaluations formatives (itératives) : tests pendant le développement / modification ; vérification de l’efficacité des choix de conception ; ajustement interface et documentation.

Évaluation sommative (validation) : test représentatif ; démonstration que les utilisateurs réalisent les tâches critiques sans erreurs inacceptables ; justification de l’échantillon et de l’environnement ; IFU versionnée.

Documentation et traçabilité : traçabilité risques d’usage ↔ exigences ↔ résultats ↔ mesures de maîtrise ; dossier “audit-ready” avec données brutes et cohérence ISO 14971.

Intégration PMS/SAC et amélioration continue : exploitation réclamations/incidents/retours utilisateurs et cohérence avec CAPA et gestion des changements.

CAP COMPLIANCE
Notre approche est structurée, itérative et intégrée à l’ISO 14971, sur tout le cycle de vie du dispositif

Comment nous identifions utilisateurs, environnements et scénarios critiques
Nous pouvons revoir ou rédiger les spécifications d’utilisation via interviews et/ou analyse de la documentation existante. Elles servent à construire les protocoles (formatifs et sommatives) : fonctionnalités, profils utilisateurs, environnements, scénarios, tâches critiques, erreurs d’usage et mésusages raisonnablement prévisibles, et évaluation du risque associé.
Erreurs raisonnablement prévisibles : traitement et preuves
Les mésusages raisonnablement prévisibles sont définis à partir de l’état de l’art, de la bibliographie, des détournements connus, questionnaires utilisateurs, évaluations formatives/sommatives, et données d’incidents lorsqu’elles existent. Ils sont intégrés comme données d’entrée de l’ISO 14971 et traités prioritairement par la conception, puis par les informations de sécurité (IFU) si nécessaire.
Lien avec l’évaluation clinique et la PMS : un continuum cohérent
L’aptitude à l’utilisation contribue à l’évaluation clinique en démontrant que le dispositif peut être utilisé correctement par les utilisateurs prévus, que les tâches critiques nécessaires au bénéfice clinique sont réalisables sans erreurs inacceptables, et que les performances revendiquées sont atteignables en conditions représentatives.
La PMS/SAC vérifie ensuite en conditions réelles que les hypothèses restent valides (erreurs observées, nouveaux risques d’usage), et alimente la mise à jour du dossier usability (interface, IFU, mesures de maîtrise).
Proportionnalité : démarche allégée vs démarche renforcée
Une démarche allégée peut être acceptable pour un dispositif ancien, non innovant, avec une PMS favorable (peu d’incidents/réclamations) et sans modification substantielle de l’interface. Une approche UOUP (preuves objectives issues du marché) peut alors être défendable si elle est documentée et reliée à l’ISO 14971.
À l’inverse, un dispositif innovant ou critique nécessite généralement : un échantillon plus important, des profils utilisateurs détaillés, des tests “pire cas”, des protocoles plus guidés, et, si nécessaire, des simulations de défaillances pour observer la réponse utilisateur.
EXPERTISE SPÉCIALISÉE
Dans le domaine des dispositifs médicaux.
QUALIFICATION
Nos experts sont qualifiés par code produit comme les auditeurs/évaluateurs des organismes notifiés
ACCOMPAGNEMENT
Sur mesure et complet de la définition du positionnement du produit à l'implémentation des solutions.
FLEXIBILITÉ
Une grande flexibilité pour s'adapter à vos demandes et délais.
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Livrables (dossier d’aptitude à l’utilisation)
Livrables usuels :
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Spécification d’utilisation
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Plan d’aptitude à l’utilisation
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Protocole + rapport d’évaluation formative
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Protocole + rapport d’évaluation sommative
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Rapport d’aptitude à l’utilisation
Données d’entrée typiques : usage prévu, périmètre/gamme évaluée, IFU/maintenance/installation (versions contrôlées), plan & analyse des risques.
Données de sortie : IFU finale, mises à jour du dossier de gestion des risques.
Exemple (anonymisé) : objection levée et dossier accepté au cycle suivant
CAP COMPLIANCE intervient régulièrement en remédiation : clarification de la gamme, analyse des composants critiques, redéfinition d’un “worst case” couvrant l’ensemble, rédaction des spécifications d’utilisation, plan IEC/EN 62366-1, protocoles fondés sur ces spécifications. Le client réalise les essais, collecte les données brutes, puis nous consolidons le rapport et identifions les éléments IFU / ISO 14971 à finaliser. Dans le cas présenté, le dossier a été accepté sans réserve et le marquage CE obtenu au cycle suivant.

Contactez CAP COMPLIANCE
Vous préparez une mise sur le marché, une transition MDR, une modification produit/logiciel, ou vous avez des remarques d’Organisme Notifié sur l’aptitude à l’utilisation ? Décrivez votre dispositif, vos utilisateurs, vos environnements d’usage et vos échéances : nous vous proposerons un cadrage et une feuille de route conforme IEC/EN 62366-1, intégrée ISO 14971.